La mort du loup

……La mort du loup ****** Les nuages couraient sur la lune enflammée Comme sur l’incendie on voit fuir la fumée, Et les bois étaient noirs jusques à l’horizon. Nous marchions sans parler, dans l’humide gazon, Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes, Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes, Nous avons aperçu les grands ongles marqués …

Les Vierges de Verdun

  Extrait du Journal des débats politiques et littéraires ……………………………… du 11 mai 1819 – L’Académie des Jeux Floraux de Toulouse a célébré l’anniversaire du 3 mai, en fixant à ce jour la distribution solennel de ses prix. M. Alexandre Soumet, qui est actuellement dans sa ville natale, a lu un chant de guerre en l’honneur de Jeanne d’Arc. Le …

Journal des débats politiques et littéraires : Victor Hugo

  Extrait du Journal des débats politiques et littéraires ……………………………… du 11 mai 1819     – L’Académie des Jeux Floraux de Toulouse a célébré l’anniversaire du 3 mai, en fixant à ce jour la distribution solennel de ses prix. M. Alexandre Soumet, qui est actuellement dans sa ville natale, a lu un chant de guerre en l’honneur de Jeanne …

Madame de Sévigné-15 décembre 1670

. Lettre du 15 décembre 1670   À COULANGES Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus …

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage

Heureux qui, comme Ulysse,      a fait un beau voyage   Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme cestuy-là qui conquit la toison, Et puis est retourné, plein d’usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son âge ! * Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village Fumer la cheminée, et en quelle …

Ivan Tourguéneff-Guy de Maupassant

  Le Gaulois, Mercredi 5 septembre 1883 Guy de Maupassant   IVAN TOURGUENEFF Le grand romancier russe, qui avait adopté la France pour patrie, Ivan Tourgueneff, vient de mourir après une horrible agonie qui durait depuis près d’un mois. Il fut un des plus remarquables écrivains de ce siècle et en même temps l’homme le plus honnête, le plus droit, …

Le Mendiant

LE MENDIANT   Je passais dans une rue : un mendiant vieux et décrépit m’arrêta. Yeux enflammés et larmoyants, lèvres bleuies, haillons sordides, plaies malpropres… Oh ! comme la pauvreté avait hideusement rongé cet être malheureux ! Il me tendait sa main rouge, enflée, sale. Il gémissait, il mugissait en implorant le secours. Je fouillai dans toutes mes poches : …

Citations-Chateaubriand

. « Il y a de la douceur à pleurer sur des maux qui n’ont été pleurés de personne. » François-René de Chateaubriand Mémoires d’Outre-Tombe . . . . . .  

Citations-Lamartine

Citations – Alphonse de Lamartine   « Oh ! qui pourra jamais démêler ces deux âmes Que la terre et le ciel joignent par tant de trames ? L’un de l’autre il serait plus aisé d’arracher Ces deux hêtres jumeaux qu’un nœud semble attacher, Et qui, de jour en jour, s’enlaçant avec force, Croissent du même tronc et sous la même …

En écoutant les oiseaux

Enregistrement voix homme   En écoutant les oiseaux Oh ! quand donc aurez-vous fini, petits oiseaux, De jaser au milieu des branches et des eaux, Que nous nous expliquions et que je vous querelle ! Rouge-gorge, verdier, fauvette, tourterelle, Oiseaux, je vous entends, je vous connais. Sachez Que je ne suis pas dupe, ô doux ténors cachés, De votre mélodie …

Les misérables : Cosette

Cosette Cosette est une petite fille de huit ans. Laissée par sa mère aux mains des Thénardier, méchants aubergistes, elle mène une existence misérable, fait toutes les corvées, et reçoit des coups. Un jour, un inconnu, qui va être son protecteur, Jean Valjean, vient chercher Cosette. Il s’est fait passer pour un voyageur ; il voit l’enfant, assise sous la …

Mon rêve familier

Mon rêve familier   Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime, Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend. . Car elle me comprend, et mon cœur, transparent Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un …

Nevermore

  Nevermore   . Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automne Faisait voler la grive à travers l’air atone, Et le soleil dardait un rayon monotone Sur le bois jaunissant où la bise détone. . Nous étions seul à seule et marchions en rêvant, Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent. Soudain, tournant vers moi son regard …

Les malheurs de Sophie-2

L’enterrement Camille et Madeleine arrivèrent un matin pour l’enterrement de la poupée : elles étaient enchantées ; Sophie et Paul n’étaient pas moins heureux. Sophie Venez vite, mes amis, nous vous attendons pour faire le cercueil de la poupée. Camille Mais dans quoi la mettrons-nous ? Sophie J’ai une vieille boîte à joujoux ; ma bonne l’a recouverte de percale …

Le Meunier, son Fils, et l’Âne

Le Meunier, son Fils, et l’Âne   L’invention des Arts étant un droit d’aînesse, Nous devons l’Apologue à l’ancienne Grèce. Mais ce champ ne se peut tellement moissonner Que les derniers venus n’y trouvent à glaner. La feinte est un pays plein de terres désertes. Tous les jours nos Auteurs y font des découvertes. Je t’en veux dire un trait …

Les malheurs de Sophie-1

La poupée de cire . Sophie « Ma bonne, ma bonne, dit un jour Sophie en accourant dans sa chambre, venez vite ouvrir une caisse que papa m’a envoyée de Paris ; je crois que c’est une poupée de cire, car il m’en a promis une. La bonne Où est la caisse ? Sophie Dans l’antichambre : venez vite, ma bonne, …

La nouvelle Héloïse – Lettre XVIII de Julie

    Lettre XVIII de Julie (à Saint-Preux)   Je viens, mon bon ami, de jouir d’un des plus doux spectacles qui puissent jamais charmer mes yeux. La plus sage, la plus aimable des filles est enfin devenue la plus digne et la meilleure des femmes. L’honnête homme dont elle a comblé les vœux, plein d’estime et d’amour pour elle, …

La nuit de mai

La nuit de mai     LA MUSE Poète, prends ton luth et me donne un baiser ; La fleur de l’églantier sent ses bourgeons éclore, Le printemps naît ce soir ; les vents vont s’embraser ; Et la bergeronnette, en attendant l’aurore, Aux premiers buissons verts commence à se poser. Poète, prends ton luth, et me donne un baiser. …

Poèmes à Lou – Si je mourais là-bas

Si je mourais là-bas…   Si je mourais là-bas sur le front de l’armée, Tu pleurerais un jour, ô Lou, ma bien-aimée ! Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt Un obus éclatant sur le front de l’armée, Un bel obus semblable aux mimosas en fleur. . E puis ce souvenir éclaté dans l’espace Couvrirait de mon sang le monde …

Le dormeur du val

Le dormeur du val   C’est un trou de verdure où chante une rivière Accrochant follement aux herbes des haillons D’argent ; où le soleil, de la montagne fière, Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.   Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est …

L’Invitation au voyage

enregistrement voix homme enregistrement voix femme : 1ère partie . L’invitation au voyage . Mon enfant, ma sœur, Songe à la douceur D’aller là-bas vivre ensemble ! Aimer à loisir, Aimer et mourir Au pays qui te ressemble ! Les soleils mouillés De ces ciels brouillés Pour mon esprit ont les charmes Si mystérieux De tes traîtres yeux, Brillant à …

Les deux chiens

         Les deux chiens . Dans une vaste plaine, auprès d’un clair ruisseau, ……….Paissait un modeste troupeau : Le pasteur fatigué, couché sur la bruyère, …..Dans le sommeil reposait sa paupière, ……….Il dormait, et ses deux chiens, ……….Des brebis restés gardiens, Sans savoir trop pourquoi, tout à coup se disputent, ……….S’injurient et se culbutent. ……….Pendant ce combat, le troupeau Erre …

Les animaux malades de la peste

.Les animaux malades de la peste   Un mal qui répand la terreur, Mal que le Ciel en sa fureur Inventa pour punir les crimes de la terre, La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom), Capable d’enrichir en un jour l’Achéron, Faisait aux animaux la guerre. Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés : On n’en voyait …

Le corbeau et le renard

. . LE CORBEAU ET LE RENARD   Maître Corbeau, sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard, par l’odeur alléché, Lui tint à peu près ce langage : « Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, …

Le Chêne et le Roseau

. Le Chêne et le Roseau   Le Chêne un jour dit au Roseau : « Vous avez bien sujet d’accuser la nature ; Un roitelet pour vous est un pesant fardeau ; Le moindre vent qui d’aventure Fait rider la face de l’eau, Vous oblige à baisser la tête, Cependant que mon front, au Caucase pareil, Non content d’arrêter …

La Cigale et la Fourmi

. La Cigale et la Fourmi . La Cigale, ayant chanté Tout l’été, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue : Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant de lui prêter Quelque grain pour subsister Jusqu’à la saison nouvelle. . . . …..   …

Blaise Pascal : Discours sur les passions de l’amour (1ère partie)

Discours sur les passions de l’amour   L’homme est né pour penser : aussi n’est-il pas un moment sans le faire ; mais les pensées pures, qui le rendraient heureux s’il pouvait toujours les soutenir, le fatiguent et l’abattent. C’est une vie unie à laquelle il ne peut s’accommoder ; il lui faut du remuement et de l’action, c’est-à-dire qu’il …

Le conte du Graal (ou Perceval) : chap. 1 Perceval et les chevaliers

Perceval et les chevaliers   C’était au temps où les arbres fleurissent, où les bois se couvrent de feuilles et les prés de verdure, où au matin, dans leur ramage, les oiseaux chantent avec douceur, où toute chose enfin est comme enflammée de joie. Alors se leva le fils de la veuve, dame de la Gaste Forêt solitaire. Il eut …

Auteurs du Moyen Âge

Le Moyen Âge Chrétien de Troyes né vers 1130, à Troyes,                               mort vers 1191 en France Rutebeuf né vers 1230-1245 en Champagne,          mort vers 1285, à Paris François Villon né en 1431, à Paris,                                      disparu en 1463

Montaigne – ESSAIS : Chap. XXVII

Chapitre XXVII   C’est folie de rapporter le vrai et le faux à notre suffisance   Ce n’est pas à l’aventure sans raison que nous attribuons à simplesse et ignorance la facilité de croire et de se laisser persuader : car il me semble avoir appris autrefois que la créance, c’était comme une impression qui se faisait en notre âme ; et, …

Montesquieu – – Les Lettres Persanes : lettres XI à XIV

                                                                                                   Lettre persane XI (11) USBEK À MIRZA À Ispahan      Tu renonces à ta raison pour essayer la mienne ; tu descends jusqu’à me consulter ; tu me crois capable de t’instruire. Mon cher Mirza, il y a une chose qui me flatte encore plus que la bonne opinion que tu as conçue de moi : c’est ton amitié qui me …

Montaigne – ESSAIS : Au lecteur

Au lecteur           C’est ici un livre de bonne foi, lecteur. Il t’avertit dès l’entrée, que je ne m’y suis proposé aucune fin, que domestique et privée. Je n’y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire. Mes forces ne sont pas capables d’un tel dessein. Je l’ai voué à la commodité particulière de mes parents et …

Le conte du Graal (ou Perceval) : Prologue

Le conte du Graal (PERCEVAL) Prologue Qui sème peu, récolte peu, et qui veut avoir belle récolte, qu’il jette sa semence en une terre où elle lui rapporte au centuple : car en terre qui ne vaut rien la bonne semence se dessèche et meurt. Chrétien sème – c’est sa semence – un roman qu’il commence et il le sème …

Portrait de Lamartine par Dcaisne

Le Lac, Méditations poétiques

   Le Lac   Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges Jeter l’ancre un seul jour ? * Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière, Et près des flots chéris qu’elle devait revoir, Regarde ! Je viens seul m’asseoir sur cette pierre Où …

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