La mort du loup

……La mort du loup ****** Les nuages couraient sur la lune enflammée Comme sur l’incendie on voit fuir la fumée, Et les bois étaient noirs jusques à l’horizon. Nous marchions sans parler, dans l’humide gazon, Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes, Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes, Nous avons aperçu les grands ongles marqués …

Les Vierges de Verdun

  Extrait du Journal des débats politiques et littéraires ……………………………… du 11 mai 1819 – L’Académie des Jeux Floraux de Toulouse a célébré l’anniversaire du 3 mai, en fixant à ce jour la distribution solennel de ses prix. M. Alexandre Soumet, qui est actuellement dans sa ville natale, a lu un chant de guerre en l’honneur de Jeanne d’Arc. Le …

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme cestuy-là qui conquit la toison, Et puis est retourné, plein d’usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son âge !   Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village Fumer la cheminée, et en quelle saison Reverrai-je le clos de ma pauvre maison, Qui m’est une province, …

En écoutant les oiseaux

En écoutant les oiseaux   Oh ! quand donc aurez-vous fini, petits oiseaux, De jaser au milieu des branches et des eaux, Que nous nous expliquions et que je vous querelle ! Rouge-gorge, verdier, fauvette, tourterelle, Oiseaux, je vous entends, je vous connais. Sachez Que je ne suis pas dupe, ô doux ténors cachés, De votre mélodie et de votre …

Mon rêve familier

Mon rêve familier   Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime, Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend. . Car elle me comprend, et mon cœur, transparent Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un …

Nevermore

Nevermore   Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automne Faisait voler la grive à travers l’air atone, Et le soleil dardait un rayon monotone Sur le bois jaunissant où la bise détone. . Nous étions seul à seule et marchions en rêvant, Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent. Soudain, tournant vers moi son regard émouvant : …

La nuit de mai

La nuit de mai     LA MUSE Poète, prends ton luth et me donne un baiser ; La fleur de l’églantier sent ses bourgeons éclore, Le printemps naît ce soir ; les vents vont s’embraser ; Et la bergeronnette, en attendant l’aurore, Aux premiers buissons verts commence à se poser. Poète, prends ton luth, et me donne un baiser. …

Poèmes à Lou – Si je mourais là-bas

Si je mourais là-bas…   Si je mourais là-bas sur le front de l’armée, Tu pleurerais un jour, ô Lou, ma bien-aimée ! Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt Un obus éclatant sur le front de l’armée, Un bel obus semblable aux mimosas en fleur. . E puis ce souvenir éclaté dans l’espace Couvrirait de mon sang le monde …

Le dormeur du val

Le dormeur du val   C’est un trou de verdure où chante une rivière Accrochant follement aux herbes des haillons D’argent ; où le soleil, de la montagne fière, Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.   Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est …

L’Invitation au voyage

L’invitation au voyage . . Mon enfant, ma sœur, Songe à la douceur D’aller là-bas vivre ensemble ! Aimer à loisir, Aimer et mourir Au pays qui te ressemble ! Les soleils mouillés De ces ciels brouillés Pour mon esprit ont les charmes Si mystérieux De tes traîtres yeux, Brillant à travers leurs larmes. Là, tout n’est qu’ordre et beauté, …

Les deux chiens

         Les deux chiens . Dans une vaste plaine, auprès d’un clair ruisseau, ……….Paissait un modeste troupeau : Le pasteur fatigué, couché sur la bruyère, …..Dans le sommeil reposait sa paupière, ……….Il dormait, et ses deux chiens, ……….Des brebis restés gardiens, Sans savoir trop pourquoi, tout à coup se disputent, ……….S’injurient et se culbutent. ……….Pendant ce combat, le troupeau Erre …

Portrait de Lamartine par Dcaisne

Le Lac, Méditations poétiques

   Le Lac   Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges Jeter l’ancre un seul jour ? * Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière, Et près des flots chéris qu’elle devait revoir, Regarde ! Je viens seul m’asseoir sur cette pierre Où …

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