La marche de l’aube…

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La marche de l’aube…

 

Les brumes de l’aube, rêves obscurs du soir,
Ont étiré les heures diurnes. C’est noir
Matin au gîte du Loir qui rêve de cimes,
De courses folles dans la rosée sublime

 

De pas légers sur la mousse printanière,
D’écume et de sable, sous les ors du couchant.
Mais l’air malsain et rance de la tanière
Sonne l’alerte. Face au soleil levant,

 

La ligne mouvante des fourmis s’affaire
Agile et vive. L’ombre, les coins reclus,
Les fissures de la vie sont les repaires
De ces ouvrières, où nul n’est exclu.

 

La marche immanente à la vie du tout petit
Enseigne au fin géant la marche de l’aube !
Alors, sous le ciel encor gris, il bâtit
Son fief et se nomme lui-même Argonaute
Pour entreprendre dès lors la marche de l’aube.

 

Geneviève Troussereau
le 12 mars 2020

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