La tortue ©

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Quand la tortue commence à hiberner,
Le soleil à son apogée se fait plus lointain ;
Les frimas étendent leur manteau scintillant ;
La ronde de la vie se poursuit.

En sécurité dans sa carapace, notre tortue
Oublie le vent, le temps et vit de rêves.

Si l’écume mord la dune et le mistral arraisonne les toitures
Si l’air frissonne et le petit monde s’endort…
La glace tranche et sème la mort !
Que fais-tu petite tortue pour échapper au carnage ?
Au printemps, où seras-tu ?
L’heure suprême aura-t-elle déjà sonné le glas ?

 

Le ciel aux mille courants d’air se réchauffe…

 

La tortue entame son retour à la vie,
Et reprend sa course lente avec courage.

 

 

 

 

 

 

Dans le jardin, elle redevient capitaine au long cours !
Son cou s’avance et ses pattes s’affairent…
Le mystère des anges l’enveloppant encore,
Elle ferme les yeux sur hier et sourit à la main qui se tend
Car l’air qui se suspend aux toiles éphémères
Capte un rai endimanché, et invente à nouveau la vie.

Dans la nouvelle œuvre nacrée qui s’offre à elle, Dame tortue
Repart jouer les don Quichotte, et s’imprègne de soleil.

Mon monde s’est écroulé plusieurs fois déjà !
Artisane de ma vie, je me suis mise à reconstruire

Encor !
                  Encore !
                                    Encore !

Mais quand les neiges se sont amoncelées aux portes de l’été,
Mes pieds se sont gelés et ont refusé d’avancer.
Chaudes, les ondes de bonté et de générosité
Ont fait danser les lettres qui m’étaient destinées,
Et mon cœur, empli de gratitude, m’a enseigné
La marche valeureuse des braves tortues.

 

Geneviève Troussereau ©  le 19-11-2014

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