La voix de l’enfant…©

La voix de l’enfant…

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La voix de l’enfant, frêle et grelottante au cœur de l’hiver, comment voulez-vous l’entendre ? Même l’hirondelle a fui. Dans le muet scintillement qui s’enroule en parures de noël, le duvet ciselé étouffe, brise et n’offre que le silence pour toute couleur à sa douleur solitaire.

J’ai vu tes pieds nus jouer à « flic-flac » sur la terre meuble endeuillée d’un chagrin qui n’en finissait pas de couler. J’ai vu les vrilles absconses creuser des plis amers aux rivages salés… J’ai entendu les cris de l’oiseau à qui une main sacrilège brisait les ailes pour l’empêcher d’être Lui… blanc voilier… au loin, comme un flocon sage… solitaire.

Frêles et courageux, je les ai vus se protéger des morsures de l’hiver en battant la semelle. Leur manteau battait leurs jambes nues et pourtant…  ils s’enfonçaient dans la forêt en quête de bois mort pour alimenter la maigre flamme qui ne cessait de tousser dans leur vieux poêle : seul luxe d’un temps révolu figé au centre de leur humble demeure bâtie de rondins.

Inaudible et inaltérable vérité !

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Si la voix d’un enfant…

Si la voix d’un enfant est brisée par la force, l’orgueil, la violence, la tyrannie de l’esprit ou bafouée dans sa dignité, Homme libre, repousse les leurres de demain et offre ta main ! Quelle que soit la guenille qui bat l’injuste mesure, que ton œil voit plus loin que son cercueil doré pour offrir le sourire qui nourrit le cœur soumis.

Françoise, Jean-Pierre… Josiane, Marie ou Mimi… Phil, Michael, Yvette ou Yéléna, je t’ai rencontré dans les allées de ma vie. Elles portent désormais ton nom. Tu ne seras jamais l’oublié de l’ombre !

Si la voix d’un enfant s’éteint dans la nuit de l’autre, rappelle-toi que le soleil ne se couche jamais et que ta bouche est ce soleil au pouvoir doré.

Noël !  N’est-ce point ?…

Écoute la voix de l’enfant… et lui donne un baiser !

 

Geneviève Troussereau

Le 19-11-2000

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